Famille Bonassies, la passion du football depuis un siècle

Publié le 20/07/2026

De l’entre-deux-guerres à la demi-finale du Mondial 2026, la famille Bonassies raconte un siècle d’amour fou pour le ballon rond, entre souvenirs indélébiles et mutations.

Le ballon rond et la famille Bonassies est une histoire qui ne date pas d’hier. Dans les archives privées, les premières traces remontent à l’entre-deux-guerres : « Mon grand-père a pratiqué le football dans les années 1925, puis mon père, Jean (actuellement âgé de 93 ans), dans les années 1955 », explique Jean-Pierre Bonassies, actuel secrétaire général du District du Gers.
Les photos en noir et blanc ont ensuite laissé place aux clichés en couleur, où Jean-Pierre fait son apparition dans les années 1985, suivi par ses enfants au changement de siècle.

La Dépêche du Midi : Comment la passion du football est-elle entrée dans votre vie, et quel est le premier grand souvenir d’enfance que vous lui associez ?
Jean Bonassies (JB) : La passion du football est certainement venue de l’enthousiasme des copains à se rassembler autour du ballon rond. Après la guerre, le foot représentait un moyen d’évasion de la maison, car nous devions aider régulièrement aux travaux agricoles ou autres. Des souvenirs d’enfance, j’en ai sûrement plus d’un, mais mon grand plaisir était de fouler le stade municipal à L’Isle-en-Dodon le dimanche, car j’en avais souvent tracé les lignes moi-même avec des seaux de plâtre.

Jean-Pierre Bonassies (JPB) : Ma passion du ballon rond a débuté en Haute-Garonne du côté de L’Isle-en-Dodon, puis elle s’est installée dans le Gers, à Monblanc et L’Isle-Jourdain. J’avais débuté en jouant au rugby, puis une rencontre sportive et scolaire a certainement été décisive. En fin d’année, nous avions organisé une rencontre de foot entre les classes de 3e et de 4e. Sous les yeux d’Hubert Decap, président d’un club de foot, j’avais marqué un splendide coup franc pleine lucarne. Le lendemain, il était à la maison. Je me souviens de cette scène sous un marronnier où il a demandé à mon père de venir jouer au foot à Puymaurin. C’est là que tout a commencé.

Cette passion trouve-t-elle ses racines plus loin dans votre histoire familiale ?
JB : Mon père a joué au football dans la période d’avant-guerre. En 1925, il a fait partie de la première équipe de L’Isle-en-Dodon. Ma mère me disait qu’il avait de grandes qualités de vitesse et que c’était un attaquant performant.

JPB : Je n’ai pas connu mon grand-père, ou très peu, mais des photos annotées au dos par ma grand-mère laissent deviner la passion qui l’animait. Mon père, lui, insiste toujours sur l’esprit d’équipe qui les unissait. Les moyens n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, mais leur solidarité pour représenter l’équipe et le village était exemplaire.

Si on ne devait retenir qu’un seul match que vous avez vécu tous les deux – pour la joie immense ou le stress total -, ce serait lequel et pourquoi ?
JB : Incontestablement, la date du 12 juillet 1998 reste gravée dans ma mémoire. Nous avons regardé ensemble cette finale car elle a suscité beaucoup d’espoir. Nous avions un excellent gardien avec Fabien Barthez, et son intervention ferme devant Ronaldo allait me donner raison. Nous avons ouvert le champagne après le but d’Emmanuel Petit.

JPB : Pour moi aussi, ce sera cette finale de la première étoile. Nous sommes partis de Lombez avec mon épouse et mes enfants avec le visage peint en bleu-blanc-rouge, pour rejoindre mes parents à L’Isle-en-Dodon. Le Brésil de l’époque paraissait être un obstacle insurmontable et puis, au fil du match, l’espoir a grandi, jusqu’au 3 à 0 final !

Si vous deviez comparer le football de vos débuts avec celui d’aujourd’hui, quelle est la plus grande transformation qui vous frappe ?
JB : Quand je jouais au football, on s’exprimait dans le jeu avec de la simplicité. Au fil des ans, tout est devenu plus complexe avec les règlements et une mentalité devenue plus difficile. Je pense que l’afflux d’argent n’est pas étranger à cela. Le niveau amateur doit rester amateur, mais on ne reviendra pas en arrière.

JPB : L’esprit d’équipe et la solidarité sont toujours d’actualité dans ma génération. En revanche, les moyens de communication, la visibilité de ce sport et les mentalités ont certainement modifié la donne. Le jugement appartient à chacun, mais ce qui doit rester quand on aime le ballon rond, c’est de le pratiquer avec passion, tolérance et raison.

Article « La Dépêche du Midi »

Par Katy Delmotte

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